Finance

Quels sont les principaux risques du marché monétaire en cas de crise financière ?

La crise sanitaire du coronavirus s’est étendue aux marchés financiers et à l’économie. Dans ce contexte, la peur de la faillite des banques a refait surface. Cette peur est-elle fondée ? Vous devez craindre pour vos économies ?

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Résumé

  • Faillite, ou quand il n’est plus possible de payer vos dettes
  • Une banque peut-elle faire faillite ?
  • Règles prudentielles (Comité de Bâle) pour stabiliser le système bancaire
  • Trop grand pour échouer : protection supplémentaire pour les établissements les plus importants
  • Des banques affaiblies mais fortes de toute façon ?
    • La banque et la finance vont-elles surmonter la crise ? (Vidéo)
  • Faillite d’une banque : faut-il craindre pour ses économies ?
    • Tsunami financier, catastrophe humanitaire ? (Vidéo)

Faillite, ou quand il n’est plus possible de payer votre dettes

La cessation de paiement se produit lorsqu’une entreprise ne peut pas s’acquitter de son passif dû avec les actifs à sa disposition. Il conduit à un dépôt au bilan. En langage courant, le mot faillite est utilisé pour évoquer la résiliation du paiement.

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  • L’ actif disponible est tout ce qui peut être transformé en liquidité en quelques jours, sans rendre impossible la poursuite de l’activité.
  • L’ obligation à payer se réfère aux dettes qui doivent être réglées immédiatement (salaires, cotisations, impôts, bons du fournisseur à l’échéance, rente d’emprunt, etc.).

Une société qui obtient des financements ou des périodes de paiement supplémentaires peut donc échapper à la cessation d’activité en effectuant des dessaisissements (tels que des actifs immobiliers) qui lui permettront d’augmenter ses actifs disponibles et de s’acquitter ainsi de son passif dû.

Plusieurs facteurs peuvent entraîner une cessation de paiement :

  • Changement brutal dans l’écosystème de l’entreprise : secteur en crise, technologie changement, changement réglementaire…
  • Erreurs de gestion, charges trop importantes pour la marge effacée…
  • Impondérables : incendie, dégâts d’eau, accident…
  • Les soucis de trésorerie : impayés, délais de paiement trop longs, financement insuffisant…

Actifs et passifs du bilan

Le bilan est une photographie à un moment donné de la situation patrimoniale d’une entreprise. Il est fondé sur deux colonnes, l’actif et le passif.

L’ actif correspond aux actifs de la société, c’est-à-dire tout ce que la société possède à la date des écrits. Il est classé en postes, du moins de trésorerie (immobilisations) au sommet, en passant par les stocks, les créances sur les clients et jusqu’au plus grand nombre de liquidités (encaisse en espèces) au bas.

La responsabilité comprend ce que la société doit à la date de la radiation. Ces dettes (qui sont utilisées pour financer les actifs) sont classés des plus stables (les fonds investis en capital par les actionnaires) aux plus payables (dettes de quelques jours ou semaines), à travers ce qui est encore dû aux banques, fournisseurs, impôts…

L’ actif est toujours égal au passif puisque tous les fonds disponibles pour la société (le passif) sont utilisés (l’actif).

Une banque peut-elle faire faillite ?

Comme pour toute entreprise, la faillite d’une banque se manifeste par la cessation de ses paiements. La faillite bancaire survient lorsque l’institution n’est plus en mesure de payer ses dettes impayées ou de rembourser ses créanciers. Pour comprendre l’origine d’une faillite bancaire, il faut examiner la structure du bilan bancaire.

Le bilan d’une banque peut être divisé en 5 classes :

  • Les actifs et passifs de classe 1 correspondent aux opérations interbancaires. Ce sont les transactions que la banque effectue avec d’autres institutions financières. Lorsque la confiance entre les banques sont en baisse, les taux interbancaires augmentent et parfois les échanges s’arrêtent. Dans une telle situation, une banque qui ne peut se refinancer pour honorer ses engagements risque de faillite. Pour prévenir la faillite en raison d’un manque de liquidité, la banque centrale peut intervenir et agir en tant que prêteur de dernier recours.
  • Les actifs et passifs de classe 2 correspondent aux transactions avec des clients. Sur les actifs, les prêts accordés, les passifs, les dépôts ventilés en fonction de leur degré d’échéance, de leur forme et de leur nature dans le cadre de la réglementation bancaire. Si les clients décident de retirer massivement leurs dépôts d’une banque (Bank Run), la banque peut faire faillite si elle ne répond pas. C’est pourquoi les banques doivent disposer de réserves suffisantes. Là encore, la banque centrale peut intervenir pour prêter de l’argent à la banque.
  • actifs et passifs de la catégorie 3 comprennent les opérations sur titres et les opérations diverses Les . Sur les actifs, les investissements de la banque sur le marché des capitaux pour son propre compte (portefeuille de titres, classés en fonction de leur durée de conservation). En passif, les titres de créance émis par la banque pour se refinancer. De graves pertes sur les marchés financiers (risque d’investissement) entraîneront une diminution des actifs qui auront une incidence sur le capital. Si ce capital devient insuffisant, la banque ne sera pas en mesure d’éviter la faillite. S’il y a un manque de capitaux, cependant, la banque peut essayer de lever des fonds sur le marché pour se renforcer. S’il ne le fait pas, un État peut lui accorder une garantie pour l’aider. La banque centrale peut également accorder le crédit pour lui permettre de poursuivre ses activités.
  • catégorie 4, en actifs, contient les immobilisations, c’est-à-dire La les actifs et les valeurs qui devraient rester dans les actifs de la banque pendant une durée durable.
  • La classe 5, relative au passif, comprend les provisions à payer et les fonds propres , y compris les bénéfices non distribués.

Comme n’importe quelle entreprise, une banque peut faire faillite. Théoriquement, votre banque peut donc faire faillite. Cependant, différents il existe des mécanismes pour prévenir un tel événement.

Une banque centrale peut-elle faire faillite ?

Une banque centrale (d’un pays ou d’une zone monétaire) est la banque des banques. Sa fonction est de gérer le système de paiement, de surveiller le financement de l’économie et de mettre en œuvre la politique monétaire.

  • Gérer le système de paiement : une banque centrale émet une monnaie fiduciaire, organise la rémunération entre les banques commerciales et contrôle leur création de monnaie scripturale.
  • Contrôle du financement de l’économie : Central Bank prête des liquidités au commerce des banques, réglemente ou contrôle les activités des banques et agit en tant que prêteur de dernier recours.
  • Mettre en œuvre la politique monétaire : une banque centrale fixe les taux d’intérêt directeurs et/ou contrôle le montant de la liquidité bancaire, pour des objectifs d’inflation, de taux de change, de croissance et/ou d’emploi.

Une banque centrale ne peut pas faire faillite car elle sera toujours en mesure de respecter ses engagements en créant des devises. Cela peut conduire à des capitaux propres négatifs, mais pas à la faillite. Une banque centrale n’est pas soumise aux mêmes contraintes financières que les institutions privées. Il peut avoir des capitaux propres négatifs et continuer à fonctionner normalement.

Si une banque centrale ne peut pas faire faillite, la création monétaire débridée peut néanmoins générer une inflation incontrôlable. En outre, un renflouement par les États pourrait signifier une tutelle financière et mettre fin à son indépendance.

En outre, une détérioration de la situation financière peut affecter la crédibilité d’une banque centrale. Mais c’est cette crédibilité qui détermine l’efficacité de son action.

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Règles prudentielles (Comité de Bâle) pour stabiliser le système bancaire

Remarque : cette partie s’inspire largement des éléments disponibles sur le site Lafinancepourtous.com

Compte tenu des risques que représente la faillite d’une banque pour le système financier et l’économie, les autorités de contrôle du Comité de Bâle ont décidé d’introduire un ensemble de règles permettant aux banques de stabiliser le système bancaire. En France, l’application de ces règles fait l’objet d’un suivi étroit et constant de la part de l’Autorité de contrôle et de résolution prudentielle (ACPR). Les institutions présentes au niveau européen sont également contrôlées par la Banque centrale européenne (BCE) et l’Autorité bancaire européenne (ABE).

Le Comité de Bâle est composé de représentants des banques centrales et des autorités prudentielles de différents pays. Sa mission est de renforcer la réglementation bancaire et de promouvoir et de diffuser les meilleures pratiques bancaires. Son objectif principal est d’assurer la stabilité du système financier à l’échelle mondiale. À cette fin, elle établit des normes internationales dans le domaine de la surveillance prudentielle des banques et constitue un forum de coopération internationale sur ces questions.

Un premier ratio a été créé en 1988. Le ratio de Bâle I (ou ratio Cooke) indiquait le niveau des passifs d’une banque (prêts et autres investissements financiers) par rapport au montant de ses fonds propres (capital apporté par les actionnaires et bénéfices de la banque) . Elle devait être égale à 8%. Cela signifie que pour prêter un total de 100 millions d’euros, une banque devait disposer d’au moins 8 millions d’euros de capitaux propres pour être considérée comme solvable.

Proposé en 2004, la réforme de Bâle II définit un nouveau ratio de solvabilité bancaire (ratio « Mac Donough ») basé sur le même principe que le ratio Cooke. La nature des risques pris en compte est enrichie (en tenant compte du risque de marché, du crédit et du risque opérationnel) et la méthode de calcul du risque est améliorée. Ce ratio affine le précédent en exigeant les établissements de crédit à maintenir un niveau de fonds propres minimal plus étroitement aligné sur tous les risques en jeu.

Ce ratio global est subdivisé en deux parties : un ratio de catégorie 1 de 4 % basé sur le capital-risque et un autre ratio « Tier 2 » de 4 % calculé à partir de fonds propres supplémentaires (par exemple, plus-values ou provisions non réalisées).

La crise de 2007/2008 a mis en évidence les insuffisances des règles sur les ratios de solvabilité . Ces ratios ont été contournés par les banques dans le cadre de la titrisation. Et ils se sont révélés insuffisants pour limiter l’effet de levier des banques et la prise de risque excessive de leur part.

Le 12 septembre 2010, le Comité de Bâle a adopté de nouvelles règles sur le capital des banques (les règles de Bâle III). L’accord a été approuvé par les chefs d’État et de gouvernement lors de la réunion du G20 qui s’est tenue à Séoul les 11 et 12 novembre 2010. Le montant minimum de capital que les banques doivent détenir a été levé. Le ratio de solvabilité minimal passe de 8 % à 10,5 %.

Dans l’Union européenne, les nouvelles règles conformes aux décisions sont progressivement entrées en vigueur depuis 2013. La plupart d’entre elles sont progressivement introduites afin de donner aux banques et aux entreprises d’investissement le temps de s’adapter. Ils ne sont entrés en vigueur qu’en 2019.

Outre les ratios de capital et de solvabilité, les accords de Bâle III visent également à plafonner l’effet de levier parce qu’au moment de la crise financière de 2008, le système bancaire avait accumulé un effet de levier important qui a contribué à exacerber la crise.

Le ratio de levier indique le montant des fonds propres de base par rapport au total des actifs non essentiels pondérés par la banque . L’exigence minimale est de 3 % depuis le 1er janvier 2018.

Le Comité de Bâle a également défini deux ratios de liquidité pour empêcher les banques de pousser à l’extrême le mécanisme de transformation (emprunts à court terme pour financer des prêts à long terme) afin de maximiser leur marge et de créer ainsi des difficultés de refinancement sur le marché interbancaire.

Le court terme oblige donc les banques à disposer d’un certain montant d’actifs liquides pour couvrir les sorties nettes de trésorerie pendant au moins 30 jours. En respectant ce ratio, une banque doit disposer d’une liquidité suffisante en cas de difficultés de refinancement sur les marchés.

Le ratio de liquidité structurelle à long terme complète le ratio de liquidité à court terme. Son but est de s’assurer que toute institution financière dispose d’un financement stable lui permettant de poursuivre ses activités pendant une période d’un an dans un scénario de tensions prolongées. Il s’agit du montant du financement stable disponible (passif) déclaré au montant de financement stable requis (actif). Ce rapport doit être d’au moins 100%. En respectant ce ratio, le Comité de Bâle vise à atteindre un triple objectif :

  • financer des actifs à long terme comportant un montant minimal de passifs stables par rapport au profil de risque de liquidité des banques ;
  • éviter un recours excessif au financement à court terme lorsque la liquidité du marché est abondante ;
  • dissuader la le financement d’actifs liquides de haute qualité avec des capitaux à court terme qui viendraient à échéance immédiatement après la période de 30 jours du ratio de liquidité à court terme.

Il y a donc des règles pour prévenir la faillite des banques. Toutefois, il convient de noter qu’elles n’ont pas toujours été suffisantes et qu’elles ont dû être renforcées en réponse aux crises et aux faillites. Si nécessaire, il n’y a aucune garantie qu’ils sont suffisants.

Trop grand pour échouer : protection supplémentaire pour les établissements les plus importants

Outre les règles de surveillance du Comité de Bâle, le Comité de stabilité financière supervise également le système financier.

Le Conseil de stabilité financière (CSF) est un groupe économique international établi lors de la réunion du G20 à Londres en avril 2009. Il rassemble les autorités financières nationales (banques centrales, ministères des finances, etc.), plusieurs organisations internationales et groupements élaborant des normes dans le domaine de la la stabilité financière. Le communiqué du G20 de Londres lui a donné trois missions principales :

  • Identifier les vulnérabilités du système financier mondial et identifier et évaluer les règlements à mettre en œuvre pour les prévenir ;
  • Promouvoir la mise en œuvre et assurer le respect des normes internationales de réglementation financière ;
  • Promouvoir la coordination et la cohérence des activités des normes techniques internationales afin d’éviter les chevauchements et les lacunes dans les domaines prudentiels, la réglementation du marché, la prévention des risques systémiques, la protection des investisseurs et des consommateurs, le renforcement du marché international des normes techniques, les changements dans la comptabilité normes.

Le CSF publie également régulièrement une liste des banques internationales systémiques. Une faillite de ces banques systémiques aurait des conséquences telles qu’elles seront renflouées par le lorsqu’un risque de faillite est prouvé . Elles sont trop importantes pour faire faillite aux institutions bancaires. Leur identification est basée sur plusieurs critères :

  • la taille du bilan,
  • interconnexion avec d’autres banques,
  • la capacité de remplacer un concurrent défaillant,
  • international ou national,
  • la complexité de leurs activités.

A noter que quatre groupes bancaires français figurent sur la liste des institutions bancaires sytémiques : BNP Paribas, Groupe BPCE, Groupe Crédit Agricole, Société Générale.

Des banques affaiblies mais fortes de toute façon ?

Le renforcement des règles prudentielles et de la surveillance bancaire a amélioré la solvabilité des banques. Selon Frédéric Oudéa, président de la Fédération bancaire française et directeur général de Société Générale :

« Les banques sont totalement sûres »

Les banques se trouveraient donc dans une position plus favorable qu’en 2008. Cela signifie-t-il qu’ils pourront absorber une crise équivalente ou supérieure à 2008 ?

Bien que leurs ratios prudentiels se soient améliorés, les banques sont affaiblis par les changements dans leur environnement . Ainsi, les taux d’intérêt négatifs durables pèsent fortement sur la rentabilité du système bancaire, étant donné que la baisse des taux d’intérêt réduit la marge d’intermédiation (résultat que les banques tirent de leur activité de crédit).

Toutefois, les banques ont été en mesure d’atténuer l’impact des taux négatifs en augmentant le volume des prêts accordés, en réduisant la rémunération de l’épargne (également indexée sur les taux d’intérêt) et en diversifiant leur activité vers des activités d’investissement, de gestion d’actifs et d’assurance.

Les banques ont donc compensé la baisse de leur marge d’intermédiation mais n’ont désormais qu’une seule arme pour améliorer leur rentabilité : réduire leurs coûts grâce à la réduction des agences et du personnel. Même si les règles prudentielles les ont forcées à s’améliorer, elles n’abordent pas la crise actuelle dans les meilleures conditions.

Le ralentissement brutal de l’activité que nous connaissons dans certains secteurs entraînera des défaillances, une augmentation des des dettes douteuses et une détérioration des bilans des banques. Cela accélérera sans aucun doute la restructuration des banques. Il est à craindre que la main-d’œuvre puisse vivre à la hauteur de la crise .

En outre, en Allemagne, les deux principaux établissements du pays (Deutsche Bank et Commerzbank) traversent une période critique. Dans le sud, les banques italiennes luttent pour se débarrasser de leurs dettes douteuses.

Alors, la faillite ou pas ?

Plutôt non.

Pourquoi ?

Parce que si la situation des banques européennes n’est pas idéale, les tests de résistance menés par la BCE en 2019 se sont révélés plutôt rassurants . Ainsi,

« La situation de liquidité de la grande majorité des banques placées sous la surveillance prudentielle directe de la Banque centrale européenne (BCE) est généralement confortable, malgré certaines vulnérabilités nécessitant une attention prolongée. Dans l’ ensemble, les résultats de l’exercice ont été positifs : près de la moitié des 103 banques qui ont participé dans l’exercice rapporté une « période de survie » de plus de six mois en cas de choc indésirable et de plus de quatre mois en cas de choc indésirable. choc extrême. La « période de survie » est le nombre de jours pendant lesquels une banque peut continuer à opérer avec sa trésorerie et ses garanties, sans accès aux marchés financiers.

L’ horizon de six mois dépasse la période couverte par le ratio de liquidité à court terme, qui exige que les banques disposent d’une réserve suffisante d’actifs liquides de haute qualité pour survivre à une période de crise de liquidité grave de 30 jours civils. Les longues périodes de survie pour les graves chocs prévus par l’exercice donneraient aux banques un temps considérable pour mettre en place leurs plans de financement de secours. »

Qu’ est-ce qu’un test de résistance bancaire ?

Un test de stress bancaire, ou « test de stress », est un exercice qui consiste à simuler des conditions économiques et financières extrêmes mais plausibles afin d’étudier les conséquences de ces conditions pour les banques et de mesurer leur résilience face à de telles situations. Ces tests sont effectués par les banques centrales.

source : Financepourtous.com

D’ autre part, il semblerait que si des faillites importantes se produisaient, elles se produiraient à la fin de la crise plutôt qu’au cours de la crise. Comme le souligne Olivier Passet (Xerfi),

« Les banques sont devenues le conseil du salut de l’économie réelle. Ce sont eux qui permettent de relier le moment où l’économie s’est arrêtée et le moment où les entreprises reprendront, sans rompre la capacité et l’emploi.

1/ Parce que les banques et les fonds de gestion ont forcé l’épargne de confinement à des titres publics ou prêtent les États à prendre la relève des entreprises au point mort du paiement des salaires.

2/Parce qu’ils fournissent également des liquidités aux entreprises qui manquent de liquidités, afin d’éviter les défauts de chaîne qui transformeraient la contagion du COVID 19 en contagion de la faillite. »

La banque et la finance vont-elles surmonter la crise ?

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Et pour conclure,

« Sous la surprotection des États et des banques centrales, vous pouvez sentir que c’est comme la finance. Mais à plus long terme, et surtout si l’horizon de sortie est reporté sinus die, il peut se briser. »

Il ne devrait donc pas y avoir de faillite à court terme, mais il y a des risques réels à long terme. De plus, ce n’est pas parce que les banques ne sont pas en faillite que les particuliers ne seront pas sollicités. Toujours selon Olivier Passet,

« Ce sont les contribuables qui portent le risque par le biais des garanties de l’État, en finançant les pertes de la banque centrale si les choses tournent mal ».

Par conséquent, si la faillite d’une banque ne peut être totalement exclue, il est nécessaire de remettre en question ses conséquences pour ses clients.

Faillite d’une banque : devrions -nous craindre pour ses économies ?

Avant qu’une banque arrive à une situation de résiliation, ses actionnaires seront mis en service. Si cela ne suffit pas, les créanciers se tournent vers les investisseurs qui ont acheté des obligations émises par la banque lors de l’emprunt. Si ces interventions ne sont pas suffisantes, les clients de la banque, les particuliers ou les entreprises verront disparaître une partie de leurs actifs, proportionnellement au niveau de perte enregistré lors de la vente des actifs de l’institution. C’est ce qui s’est passé à Chypre en 2013.

Si la banque faisait faillite, ses clients perdraient l’accès à leurs comptes et méthodes de paiement. Ils se trouveraient des créanciers ordinaires d’un établissement fermé et liquidé. Ils seraient alors traités comme d’autres créanciers ordinaires et indemnisés à la fin de la liquidation avec ce que le liquidateur aurait pu recouvrer.

La faillite d’une banque peut donc entraîner une perte pour ses clients individuels. Cependant, garantie de dépôt des mécanismes ont été mis en place dans tous les pays européens et dans le monde entier. En France, cette garantie est gérée par le FGDR.

Le FGDR (Fonds de garantie et de résolution des dépôts) intervient lorsqu’une banque est en faillite. Il couvre les engagements de la banque en défaut, jusqu’à concurrence de 100 000 EUR par déposant . Les dépôts concernés sont les comptes courants, les comptes d’épargne, les placements d’épargne-logement, les comptes à terme, etc.

Outre le montant de 100 000 euros pour les dépôts bancaires, le FGDR garantit également jusqu’à 100 000 euros les sommes déposées sur les livrets d’épargne garantis par l’État (livret A, livret de développement durable et livret d’épargne populaire).

Le FGDR est également chargé d’indemniser les investisseurs jusqu’à 70 000 euros par personne et par établissement pour les titres investis (actions, obligations, parts de fonds) et autres instruments financiers que leur fournisseur d’investissement ne pourrait pas leur restituer en cas de faillite.

Il découle de ces montants garantis qu’avant de faire faillite, une banque sera en mesure de creuser plus de 100 000 euros de dépôt, afin d’essayer de combler son déficit.

FGDR : Des ressources suffisantes ?

Le FGDR est financé par ses membres. Le montant des ressources bénéficiant du GDRF est régulièrement réévalué. Le capital total du FGDR s’élève à 4 269 milliards d’euros fin 2018.

Au-delà de ses ressources immédiates, le FGDR a la capacité d’obtenir des contributions exceptionnelles supplémentaires de ses membres. Il peut aussi emprunter. Selon le FGDR,

« Ces mécanismes de financement complémentaires garantissent les clients de tous les établissements actifs en France. »

La faillite prochaine d’une ou de plusieurs banques européennes ne peut être totalement exclue. Cependant, il existe des règles prudentielles conçues pour l’empêcher. En outre, les États et/ou la BCE interviendraient très certainement. Ainsi, rien n’empêcherait un État de nationaliser une banque pour éviter la faillite.

Les plus grands groupes bancaires français semblent également être protégés parce qu’ils sont considérés comme trop grands pour échouer. Leur faillite aurait un impact systémique trop important pour être accepté. Si une autre banque française devait faire faillite, il existe des mécanismes de garantie qui devraient réduire les coûts pour les particuliers.

Les États et la BCE ont réussi à éviter l’explosion de la zone euro pendant la crise de la dette souveraine, en déployant des trésors d’imagination et en repoussant les limites de leur créativité. Ils devraient donc être en mesure d’éviter la faillite des plus grandes banques de la zone euro ou, du moins, d’atténuer radicalement les conséquences pour les particuliers. Le prix à payer aux États s’ils ne le font pas serait trop élevé.

Comme l’explique Gaêl Giraud dans le cas de la France dans une interview donnée dans Thinkerview,

« Si une grande banque fait faillite, l’Etat français ne serait pas en mesure d’honorer la loi de garantie publique de 100 000 euros par compte. Donc, les grandes banques ont un pouvoir colossal de chantage sur l’État. Si nous mourons, vous mourrez avec nous »

Aucune grande banque ne fera faillite, mais si elle devait être sauvée par les États (y compris la nationalisation), les contribuables en paieront le prix.

Tsunami financier, catastrophe humanitaire ?

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